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    Douleur21 septembre 2026

    Pourquoi je ne dis plus « tendinite » ni « conflit » pour l'épaule

    Pourquoi je ne dis plus « tendinite » ni « conflit » pour l'épaule

    J'ai arrêté d'utiliser deux mots avec mes patients : « conflit » et « tendinite ». Voici ce que je dis à la place, et pourquoi ça change ce qu'on fait.

    Ce ne sont pas des mots neutres

    « Conflit » raconte une histoire : quelque chose frotte, quelque chose s'abîme, ça va empirer si je continue. Cette histoire, tu la gardes longtemps après la consultation.

    « Tendinite » veut dire tendon enflammé

    On a longtemps dit qu'il n'y avait aucune inflammation dans un tendon douloureux chronique. La recherche récente est plus subtile : on y retrouve bien des cellules immunitaires et des médiateurs de l'inflammation.

    Mais ce n'est pas le tableau chaud, rouge et gonflé que le mot fait imaginer, et ce n'est pas ce qu'un anti-inflammatoire corrige. Le problème du mot n'est pas qu'il soit faux. C'est ce qu'il te pousse à faire : attendre que ça passe.

    « Conflit sous-acromial » suppose qu'on sait ce qui frotte

    Les tests censés l'identifier n'ont pas démontré de précision diagnostique suffisante, et l'imagerie ne distingue quasiment pas les épaules douloureuses des épaules silencieuses. Le mot promet une certitude qu'on n'a pas.

    Le terme que j'utilise

    « Douleur d'épaule liée à la coiffe des rotateurs. »

    Ce n'est pas de la langue de bois, c'est plus précis. Ça dit ce qu'on sait : où ça fait mal, et quelle région est impliquée. Ça ne dit pas ce qu'on ignore : quelle structure exacte, et pourquoi.

    Le mot change le traitement

    « Conflit » pousse à enlever ce qui frotte. « Tendinite » pousse à attendre. « Douleur liée à la coiffe » pousse à charger progressivement et à chercher ce qui a changé ces dernières semaines.

    Le mot que tu portes détermine le traitement que tu acceptes.

    Ce que ça ne veut pas dire

    Que ceux qui utilisent ces termes ont tort. Ils sont encore partout, y compris dans les comptes rendus, et tout le monde se comprend. Simplement, un mot qui fait peur et qui oriente vers l'attente ou la chirurgie mérite qu'on le questionne.

    Sources

    • Lewis J, McCreesh K, Roy JS, Ginn K. Rotator Cuff Tendinopathy: Navigating the Diagnosis-Management Conundrum. J Orthop Sports Phys Ther. 2015;45(11):923-937. doi:10.2519/jospt.2015.5941
    • What's in a Name? The Case for Using "Rotator Cuff–Related Shoulder Pain" in Clinical Practice. J Orthop Sports Phys Ther. 2025. doi:10.2519/jospt.2025.13405
    • Hegedus EJ, Goode A, Campbell S, et al. Physical examination tests of the shoulder: a systematic review with meta-analysis of individual tests. Br J Sports Med. 2008;42(2):80-92. doi:10.1136/bjsm.2007.038406
    • Hegedus EJ, Goode AP, Cook CE, et al. Which physical examination tests provide clinicians with the most value when examining the shoulder? Br J Sports Med. 2012;46(14):964-978. doi:10.1136/bjsports-2012-091066
    • Millar NL, Silbernagel KG, Thorborg K, et al. Tendinopathy. Nat Rev Dis Primers. 2021;7(1):1. doi:10.1038/s41572-020-00234-1

    Contenu informatif, qui ne remplace pas une consultation. En cas de symptômes, parles-en à ton médecin.